🗞️ Le tour de table de la semaine 25
Actualités, nouveautés techs, tendances early-stage : retrouvez chaque vendredi le tour de table de la semaine
Il y a trois mois, Alan levait 100 millions d'euros. Cette semaine, 480 millions de plus. La boîte n'en avait pas besoin : rentable en France, 800 millions d'ARR, trésorerie confortable.
Pendant ce temps, Washington a décidé qu'il ne fallait plus attendre la sortie d'un modèle d'IA pour l'encadrer. GPT-5.6 vient d'être restreint avant même son lancement. Un point partout, il n’y a plus de jaloux entre OpenAI et Anthropic.
Et sinon, une EdTech française fondée en 2008 a bouclé son premier LBO après 18 ans d’autofinancement total.
Au programme
Deep Dive : le tournant du contrôle préventif des modèles d'IA
L’Expresso : Peter Thiel mise 500 M€ sur la défense européenne
Equity Story : une levée de force, une ambition mondiale
Side Pocket : les pannes IA multipliées par 8 en un an
La mécanique du contrôle s’est inversée
Les États-Unis ont jusqu’à récemment attendu qu’un modèle d’IA soit lancé avant de décider de son accès à l’étranger. La séquence des deux dernières semaines a changé la donne.
Le 12 juin, l'administration Trump a ordonné à Anthropic de couper l'accès à Fable 5 et Mythos 5, ses deux modèles les plus avancés, pour les entreprises et ressortissants étrangers. Anthropic a déclaré désapprouver la décision mais a obtempéré. Cette semaine, GPT-5.6 d'OpenAI s'est retrouvé encadré avant même d'avoir été rendu public. Deux laboratoires différents, deux modèles de pointe, même traitement. Les modèles d'IA frontière sont désormais traités comme des actifs stratégiques au même titre que les semi-conducteurs ou les technologies de défense.
Pour les startups européennes qui construisent sur des APIs américaines, les implications sont concrètes. Une stack basée sur OpenAI ou Anthropic fonctionne désormais comme un actif exposé aux décisions de l’exécutif américain, que le fournisseur lui-même ne peut pas anticiper. Les entreprises qui ont bâti des produits entiers sur ces fondations réévaluent leur dépendance. Avec une logique de préemption désormais établie, attendre que le problème se pose n’est plus une stratégie défendable.
L’ironie du calendrier n’échappe à personne dans l’écosystème : Mistral AI est toujours en discussions pour lever 3 milliards d’euros à 20 milliards de valorisation. La souveraineté n’est plus un argument marketing. Elle commence à avoir une valeur économique quantifiable pour les clients européens qui en avaient besoin pour le croire.
Partenaire du jour
Votre prochaine levée se prépare dès aujourd’hui
Produit, recrutement, clients, et entre deux rendez-vous commerciaux, il faut aussi penser à la trésorerie, préparer le prochain tour de table, et répondre aux questions du banquier. La finance reste souvent la variable d’ajustement, traitée dans l’urgence plutôt qu’anticipée.
C’est précisément là qu’intervient Segrea Partners.
Accompagnement levée de fonds : de la structuration du dossier jusqu’au closing, Segrea Partners épaule les startups early-stage dans leurs opérations de levée de fonds early-stage.
Objectif : sécuriser l’opération sans y laisser six mois de roadmap produit.
Compléments bancaires : une levée en equity ne couvre pas tout, et emprunter dilue moins que lever. Segrea Partners structure les financements bancaires complémentaires, pour construire un mix capital et dette plus efficace qu’une dépendance totale à l’equity.
Direction financière à temps partagé : une startup n’a pas besoin d’un CFO à temps plein dès le début. Segrea Partners propose un service de direction financière quelques jours par mois : reporting investisseurs, structuration financière, pilotage de la trésorerie.
Pour gagner en souplesse opérationnelle, sans le coût ni l’engagement d’un recrutement à temps plein.
Vous investissez en startup ?
Segrea Partners construit aussi un réseau d’investisseurs early-stage. Si vous êtes business angel ou investisseur actif, contactez-nous pour rejoindre le réseau et accéder aux dossiers accompagnés par Segrea Partners.
🛡️ Peter Thiel mise 500 M€ sur la défense européenne : STARK, startup allemande de technologie militaire, a levé 500 millions d’euros avec le soutien de Thiel Capital. L’opération valorise la société aux alentours de 3 milliards d’euros. STARK développe des systèmes autonomes pour la défense et s’inscrit dans une vague plus large de capital américain en train de prendre position sur le marché de la défense tech européenne. Le timing est symptomatique : à quelques semaines du bouclage du fonds franco-allemand E2D (500 M€ lui aussi, annoncé à VivaTech), la compétition pour financer les futurs champions de la défense autonome européenne s’organise des deux côtés de l’Atlantique.
🏫 Pearltrees boucle son premier LBO après 18 ans d'autofinancement : l'EdTech française, présente dans 1 500 collèges et lycées français avec 1,5 million d'utilisateurs, annonce l'entrée du Fonds Stratégique des Transitions (ISALT, détenu à 39 % par la Caisse des Dépôts) à 46 % de son capital, et de RAISE Impact à 31 %. Les actionnaires historiques sortent proprement. La plateforme affiche un ARR supérieur à 10 M€ et 50 % de croissance annuelle maintenue depuis 8 ans, sans jamais diluer ses fondateurs. La Caisse des Dépôts entre dans une EdTech souveraine pendant que les GAFAM avancent leurs pions sur l'éducation française. Le signal est lisible.
🤖 OpenAI et Broadcom dévoilent une puce dédiée à l’inférence : les deux groupes ont annoncé jeudi une puce optimisée pour les modèles de langage. OpenAI rejoint Apple, Google, Amazon et Meta dans la course aux siliciums propriétaires pour sortir de la dépendance à Nvidia. La tendance est structurelle : les grands acteurs de l’IA veulent contrôler leur infrastructure d’inférence. Pour les startups qui consomment massivement de la puissance GPU, la vraie question est de savoir si cette course entre géants finira par faire baisser les coûts d’accès, ou si elle accentuera la concentration entre quelques plateformes.
📊 Claude grignote du terrain sur ChatGPT chez les utilisateurs payants : une analyse d’Indagari portant sur des millions de transactions bancaires anonymisées montre que les paiements hebdomadaires pour Claude ont progressé d’environ 75 % depuis janvier 2026, abonnements et jetons API confondus. ChatGPT reste devant sur le volume total, mais l’écart se resserre en revenus. Pour Anthropic, qui prépare son introduction en Bourse cet automne à près de 1 000 milliards de dollars de valorisation, la courbe arrive au bon moment. Même la semaine où Washington restreint ses modèles les plus puissants.
Alan survole la French Tech avec une sa levée de 480 millions d’euros
Il y a un détail dans cette Série G de 480 M€ qui mérite attention : Alan n’en avait pas besoin. La société est rentable en France, affiche un ARR proche de 800 millions d’euros en hausse de 53 % sur un an, et ses dirigeants reconnaissaient eux-mêmes en mars disposer d’abondantes liquidités. Ce tour, mené par Prosus et annoncé trois mois seulement après un tour de 100 millions, est une levée de force (sans mauvais jeu de mots).
Fondée en 2016 par Jean-Charles Samuelian-Werve et Charles Gorintin, Alan a été le premier assureur indépendant à obtenir un agrément de l’ACPR en France depuis les années 1980. En dix ans, la boîte a construit une position solide : 1,1 million d’adhérents, plus de 37 000 entreprises clientes, présence en France, Espagne, Belgique et Canada. Sur la PSC (protection sociale complémentaire des fonctionnaires), Alan a créé la surprise du marché en remportant les appels d’offres du ministère de l’Économie, des services du Premier ministre, de la DGAC et du ministère de la Transition écologique. Des contrats que personne ne lui destinait.
Le choix de Prosus comme lead est la vraie clé de lecture. Prosus, qui gère l’un des plus grands portefeuilles tech au monde (dont une part historique dans Tencent), n’apporte pas que du capital : il apporte un réseau international et une expérience du scaling de plateformes grand public. Jean-Charles Samuelian-Werve veut faire de la “prevention insurance” une catégorie mondiale. Pour ça, il faut des partenaires capables d’ouvrir de nouveaux marchés.
Les fonds iront à l’expansion internationale, à l’IA médicale et à des acquisitions potentielles. Le total levé depuis la création dépasse désormais 1,2 milliard d’euros, et l’objectif affiché est de franchir le milliard d’ARR avant fin 2026. Kylian Mbappé, récemment devenu actionnaire et ambassadeur, était sur scène pour les 10 ans de la boîte au Quai Branly. La portée symbolique de la semaine n’est pas passée inaperçue.
Fun fact : les grandes journées de panne des plateformes d’IA ont été multipliées par 8 en un an aux États-Unis, selon une analyse d’Ookla portant sur 471 jours de données Downdetector. Six journées significatives au premier trimestre 2025, 51 au premier trimestre 2026. Claude concentre 39 de ces 51, un chiffre qui reflète avant tout l’explosion de son usage : l’ARR annualisé d’Anthropic est passé de 14 à 47 milliards de dollars entre février et mai. La multiplication par 8 dit quelque chose de précis : l’IA a changé de statut. Une panne, aujourd’hui, arrête de vrais process métier.
Le chiffre : 47 milliards de dollars, c’est l’ARR annualisé d’Anthropic en mai 2026, contre 14 milliards en février 2025. Seize mois pour multiplier les revenus par 3,3. C’est dans ce contexte que Washington a jugé ses modèles suffisamment stratégiques pour en restreindre l’accès à l’étranger. Quand une startup approche ce niveau de revenus avec ces taux de croissance, ce qu’elle développe n’est plus traité comme un produit tech ordinaire.
La citation : « La santé ne peut pas attendre, ni que les symptômes s’aggravent, ni un rendez-vous fixé dans six mois. »
Jean-Charles Samuelian-Werve, cofondateur et CEO d’Alan, à l’occasion de l’annonce de la Série G cette semaine. Une formule qui résume la thèse du deal : l’assurance santé telle qu’elle fonctionne aujourd’hui traite après coup. Alan parie que l’IA peut en faire un accompagnement proactif, et que les 480 millions serviront à prouver ce pari à l’échelle mondiale.
Walmart rachète VIBE pour 1,2 milliard de dollars, renforçant sa position dans le retail media face à Amazon Advertising.
OpenAI lance Daybreak, une suite d’outils de cybersécurité offensive et défensive accessibles à tous les développeurs.
Une canicule d’ampleur exceptionnelle touche les deux tiers de la France, avec des hôpitaux sous tension et de nombreux évènements annulés.
93 % des startups de la promotion French Tech Next40/120 2026 utilisent Google ou Microsoft pour leurs emails professionnels, selon Next. Dans un écosystème qui parle de souveraineté numérique à chaque conférence, le chiffre mérite d’être noté.
Claude gagne du terrain sur ChatGPT chez les utilisateurs payants : les paiements hebdomadaires pour Claude ont progressé de 75 % depuis janvier 2026, selon une analyse d’Indagari sur des millions de transactions américaines anonymisées.
Vous souhaitez nous soutenir ? Un abonnement, un partage. Simple, efficace !
Merci pour votre lecture et votre fidélité.
Je vous souhaite une bonne fin de semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain, directement dans votre boîte mail !









